Valve Cardiaque Prothétique CarboMedics®1

Résumé

Introduction: La Valve Cardiaque Prothétique CarboMedics® est utilisée depuis 1986, avec plus de 220 000 valves implantées jusqu’en août 1997 dans plus de 1550 centres dans plus de 100 pays. Cet article présente les résultats d’un essai clinique international multicentrique qui s’est étalé sur 10 ans. Méthodes: 1128 valves ont été implantées chez des patients sur 10 sites. Le suivi moyen pour les patients était de 4.5 ans, avec un total de 5110,0 années-patients. Environ un tiers des patients provenaient des États-Unis, un tiers du Canada et un tiers de la Scandinavie. L’âge moyen était de 57,2 ans; 54,8% étaient des hommes et 45,2% étaient des femmes. La maladie primaire était la calcification / athérosclérose chez 37% des patients et la maladie rhumatismale chez 32,7%, et la réopération représentait 17,5%. Il y a eu 556 remplacements de valves aortiques, 428 remplacements de valves mitrales, 139 remplacements de valves doubles et 5 remplacements tricuspides. Résultat: Le taux de survie de tous les patients implantés était de 79% à 5 ans après l’opération. Le taux de survie chez les patients valvulaires refaits était aussi bon que le taux de survie primaire; le taux de survie chez les patients valvulaires doubles n’était pas aussi bon que le taux de survie chez les patients valvulaires simples. Il n’y a pas eu de défaillance structurelle de la vanne. Les résultats des patients décrits par la classe de la New York Heart Association ont été considérablement améliorés tout au long de la période postopératoire. Les taux d’absence de thrombose, de thromboembolie et d’hémorragie à 5 ans étaient respectivement de 98,9%, 90% et 91%. Résumé: Les résultats cliniques de la valve cardiaque prothétique CarboMedics® dans une étude multicentrique à mi-parcours ont été excellents, avec de faibles taux de morbidité et de mortalité et aucune défaillance structurelle.

1 Introduction

J’ai eu le privilège de participer à l’expérience de la Valve cardiaque prothétique CarboMedics® (VCSP) dès son origine, en tant que membre du groupe d’essai initial pré-Alimentation et administration de médicaments. L’expérience avec la valve a commencé avec Jean-Yves Neveux à Paris, qui a effectué la première implantation le 18 décembre 1986. Le CPHV a eu un rôle remarquablement réussi et de plus en plus important dans le domaine des valves de remplacement, avec plus de 220 000 valves implantées entre septembre 1987 et août 1997 (Fig. 1). La CPHV a été la première vanne mécanique à double clapet rotatif de haute qualité, et elle répond donc à un besoin de l’époque, et lorsqu’une innovation répond à un besoin pressant, elle est vouée à être un succès. L’expérience clinique mondiale avec le CPHV sur 11 ans comprend maintenant plus de 1550 centres dans plus de 100 pays.

Fig. 1

Implants par an.

Fig. 1

Implants par an.

2 Matériaux et méthodes

Les données que j’aimerais rapporter à l’expérience de 10 ans dans une enquête clinique qui a débuté en septembre 1987. Dix sites étaient concernés; la période d’inscription s’étendait de septembre 1987 à septembre 1993. 1128 valves ont été implantées, dont 931 remplacements primaires et 197 remplacements chez des patients ayant subi des remplacements antérieurs. Les patients avaient des remplacements de valves simples, doubles et triples. Le suivi total des patients était de 5110.1 patient-années, avec un suivi moyen de 4,5 ans. La population étudiée par pays ou région était de 377 (33,4 %) aux États-Unis, de 358 (31,7 %) en Scandinavie et de 393 (34,8 %) au Canada. Il y avait 618 hommes (54,8%) et 510 femmes (45,2%). L’âge moyen de 57,2 ans était un peu plus âgé que les patients recevant des valves prothétiques en général, mais la fourchette suivait généralement la distribution des patients ayant un remplacement valvulaire mécanique (Fig. 2). La population aux États-Unis vieillit certainement et de nombreux patients plus âgés, âgés de 70 à 80 ans, reçoivent des valves tissulaires, mais un certain nombre de patients de ce groupe d’âge reçoivent toujours des valves prothétiques.

Fig. 2

Âge à l’opération.

Fig. 2

Âge à l’opération.

L’étiologie de la maladie valvulaire était la calcification et l’athérosclérose chez 411 patients (37%), une cardiopathie rhumatismale chez 369 (32,7%), une défaillance d’une valve prothétique antérieure chez 197 (17,5%), des anomalies congénitales chez 137 (12.3%), une endocardite infectieuse chez 78 (6,9%), une rupture ou une élongation des tendinites des cordes mitrales chez 44 (4%) et diverses autres causes avec des contributions moindres (chaque patient peut avoir été dans plus d’une catégorie étiologique). Il y a eu 556 remplacements de valves aortiques (49,3 %), 428 remplacements de valves mitrales (37,9 %), 139 remplacements de valves doubles (12,3 %) et cinq remplacements de valves tricuspides (0,4 %). La taille prédominante des valves se situait dans les plages habituelles des adultes de 21 à 29 mm (fig. 3).

Fig. 3

Tailles de valve implantées.

Fig. 3

Tailles de valve implantées.

La Valve Aortique Supra-annulaire  » Top Hat™  » de Sulzer Carbomedics (Fig. 4) n’a pas été initialement utilisé dans l’essai, mais a considérablement modifié la pratique en Amérique du Nord, où un grand nombre de patients présentent un écart significatif entre la taille de l’anneau aortique et leur surface corporelle. Son adaptation de l’anneau de couture permet à la valve de s’asseoir complètement au-dessus de l’anneau avec l’orifice d’écoulement effectif sur toute la voie d’écoulement. Ceci est particulièrement avantageux par rapport à une position intraannulaire, où une partie de l’orifice d’écoulement effectif est reprise par le boîtier et la bague de couture (Fig. 5). Une technique de suture de matelas sans mise en gage ou sans mise en gage placée du côté ventriculaire vers le haut à travers l’anneau et l’anneau de couture a été la technique de suture recommandée (fig. 6). La valve a été principalement implantée de cette manière. Cependant, nous et d’autres (Craver JM, et al., pers. commun.) ont rencontré un problème avec cette technique par laquelle le tissu de l’anneau est tiré dans l’orifice d’écoulement. Cela peut réduire l’orifice effectif, comme on le voit dans la vanne de la Fig. 7. Dans un effort pour éliminer ce problème, plus récemment, nous utilisons maintenant une suture en forme de huit sans engagement, commençant dans une position infraannulaire (Fig. 8). Figue. 9 montre ces sutures toutes en place. Une fois attaché, le tissu annulaire encerclé est tiré à la fois latéralement et au-dessus du brassard de couture. Ceci est facilité si l' »extrémité aortique » des sutures est placée au bord de l’anneau de couture et que l' »extrémité ventriculaire » est placée au centre de l’anneau de couture (Fig. 10). Cette technique éloigne le tissu annulaire de l’orifice d’écoulement, de sorte qu’aucun tissu annulaire ne puisse pénétrer ou être tiré dans l’orifice d’écoulement effectif. Cette modification de la technique de suture a considérablement amélioré la situation et le tissu annulaire n’est plus visible dans la zone de l’orifice lorsque les feuillets de la valve implantée sont maintenus ouverts (Fig. 11). Les caractéristiques du modèle « Chapeau haut de forme » de la valve aortique associées à notre technique de suture en font la valve de choix en cas de disparité entre la surface corporelle et la taille de l’anneau aortique. On peut pratiquement toujours monter d’une taille de vanne et souvent monter de deux tailles de vanne. Ainsi, une augmentation très significative de l’orifice d’écoulement effectif est possible, par rapport à ce qui peut être réalisé avec une valve intra-annuelle.

Fig. 4

Le modèle  » Chapeau Haut de forme  » de la Valve Cardiaque prothétique CarboMedics®.

Fig. 4

Le modèle  » Chapeau Haut de forme  » de la Valve Cardiaque prothétique CarboMedics®.

Fig. 5

L’adaptation de l’anneau de couture du modèle « Chapeau Haut de forme » de la valve cardiaque prothétique CarboMedics® lui permet de s’asseoir complètement au-dessus de l’anneau et de l’orifice d’écoulement effectif sur toute la voie de sortie.

Fig. 5

L’adaptation de l’anneau de couture du modèle « Chapeau Haut de forme » de la valve cardiaque prothétique CarboMedics® lui permet de s’asseoir complètement au-dessus de l’anneau et de l’orifice d’écoulement effectif sur toute la voie de sortie.

Fig. 6

Une suture de matelas non évitante avec ou sans gage placée du côté ventriculaire vers le haut à travers l’anneau et l’anneau de couture est la technique de suture recommandée.

Fig. 6

Une suture de matelas non évitante avec ou sans gage placée du côté ventriculaire vers le haut à travers l’anneau et l’anneau de couture est la technique de suture recommandée.

Fig. 7

Le tissu de l’anneau peut être tiré dans l’orifice d’écoulement, ce qui réduit sa taille.

Fig. 7

Le tissu de l’anneau peut être tiré dans l’orifice d’écoulement, ce qui réduit sa taille.

Fig. 8

Une suture en huit, commençant en position infra-annulaire.

Fig. 8

Une suture en huit, commençant en position infra-annulaire.

Fig. 9

Sutures tirant le tissu à la fois latéralement et au-dessus.

Fig. 9

Sutures tirant le tissu à la fois latéralement et au-dessus.

Fig. 10

Une suture est placée sur le bord et l’autre est placée plus au centre.

Fig. 10

Une suture est placée sur le bord et l’autre est placée plus au centre.

Fig. 11

Aucun tissu annulaire ne peut pénétrer dans l’orifice d’écoulement effectif lorsque le dépliant de la valve est maintenu ouvert.

Fig. 11

Aucun tissu annulaire ne peut pénétrer dans l’orifice d’écoulement effectif lorsque le dépliant de la valve est maintenu ouvert.

3 Résultats

Le taux de survie global de tous les patients de l’étude initiale avec toutes les valves du VHC était de 79 % à 5 ans (Fig. 12) avec un nombre statistiquement significatif de patients jusqu’à 8 ans. Les taux de survie selon la position d’implantation étaient généralement les mêmes, bien que la survie dans l’implantation à double valve soit légèrement inférieure, comme on pouvait s’y attendre (Fig. 13). Les données concernant le remplacement primaire par rapport au remplacement précédent de la vanne étaient remarquables (Fig. 14). Nous implantons rarement une valve mécanique comme valve réopérative de choix, à l’exception de la valve mitrale occasionnelle chez un jeune patient, car la grande majorité des patients de notre population de réopération sont plus âgés et ont donc tendance à recevoir des valves tissulaires à la réopération. Le taux de survie n’était pas différent, qu’il s’agisse d’une réopération ou d’une opération primaire. Le taux de survie était de près de 80% à 5 ans dans le groupe de patients réopératifs.

Fig. 12

Survie en pourcentage – toutes les positions de soupape.

Fig. 12

Survie en pourcentage – toutes les positions de soupape.

Fig. 13

Pourcentage de survie selon la position de la vanne.

Fig. 13

Pourcentage de survie selon la position de la vanne.

Fig. 14

Pourcentage de survie – remplacement primaire par rapport au remplacement précédent de la valve.

Fig. 14

Pourcentage de survie – remplacement primaire par rapport au remplacement précédent de la valve.

Avec le CPHV, il n’y a eu aucune défaillance de la valve structurelle dans aucune position (0% par patient-année). Ceci par rapport à un taux de 0,0001 à 0,4160% par patient–année tel que rapporté dans la Revue historique des valves de Grunkemeier, qui a accumulé les données de toutes les valves mécaniques prothétiques disponibles à l’époque. Il a également comparé au 0% par patient-année tel que rapporté dans une série accumulée d’études récentes avec la valve médicale St. Jude (St. Jude Medical, Inc., St. Paul, MN), et aux résultats historiques avec la valve médicale St. Jude (0,0006% par patient-année). Les résultats du CPHV devraient rassurer ceux qui craignaient que la capacité de rotation de la vanne ne nuise à la stabilité structurelle et à la durabilité à long terme de l’anneau de carbone pyrolyte. En outre, l’incorporation des premières données européennes non publiées sur la nouvelle valve médicale rotative St. Jude, qui fonctionne différemment et présente même des projections précoces de durabilité différentes, pourrait nuire à leurs résultats. Bien que les chirurgiens aux États-Unis suivent cette situation de près et ont commencé à regarder avec prudence le St rotatif. Vanne médicale Jude sur la base de l’expérience européenne, les centres qui préfèrent utiliser les vannes médicales St. Jude choisissent souvent d’utiliser la norme plutôt que les nouveaux modèles rotatifs.

Les résultats avec le CPHV montrent une amélioration significative des capacités fonctionnelles des patients mesurées par la classification de la New York Heart Association (NYHA), reflétant une amélioration de l’activité et de l’état d’insuffisance cardiaque (Fig. 15). Le changement de 88,4% dans la classe NYHA III ou IV préopératoire à la classe I ou II précoce est maintenu jusqu’à 7 ans après l’opération. En ce qui concerne l’absence de morbidité et de mortalité valvulaires, les données cumulatives (Fig. 16) démontrent qu’à 5 ans, 74,8% des patients sont exempts de tous les cas de morbidité ou de mortalité valvulaire. Il s’agit d’une amélioration par rapport aux données de la série Grunkemeier et de la série médicale St. Jude.

Fig. 15

Classification de la New York Heart Association.

Fig. 15

Classification de la New York Heart Association.

Fig. 16

Pourcentage d’absence de morbidité et de mortalité liées aux valves.

Fig. 16

Pourcentage d’absence de morbidité et de mortalité liées aux valves.

Il y a eu 98 décès valvulaires : 12 par thromboembolie, quatre par thrombose, 28 par hémorragie liée à l’anticoagulation de la Coumadine, 15 par endocardite et 39 décès subits ou inconnus (tableau 1). L’absence d’hémorragie majeure à 5 ans était de 89,5% dans les remplacements de la valve aortique, de 94,5% dans les remplacements de la valve mitrale et de 86.8% dans les remplacements de valves doubles, pour un total de 91% d’absence de toute complication hémorragique majeure (Fig. 17). L’absence de fuite périvalvulaire importante était également assez élevée (Fig. 18). La fuite paravalvulaire dans les valves mécaniques biléaflet est difficile à évaluer, en particulier avec l’échocardiographie de surface, car il existe une certaine quantité de lavage régurgitationnel qui peut être très facilement surestimée en fonction de la qualité des techniques d’écho et de l’observateur. Le CPHV a un anneau de couture très convivial pour les chirurgiens, et même les chirurgiens relativement moins expérimentés peuvent trouver le CPHV facile à implanter dans un anneau aortique calcifié difficile, en particulier chez les patients plus petits.

Tableau 1

Décès lié aux valves, 1987-1997 (n=1128)

Tableau 1

Décès lié aux valves, 1987-1997 (n=1128)

Fig. 17

Pourcentage d’absence d’hémorragie majeure.

Fig. 17

Pourcentage d’absence d’hémorragie majeure.

Fig. 18

Pourcentage d’absence de fuite périvalvulaire.

Fig. 18

Pourcentage d’absence de fuite périvalvulaire.

L’absence de réopération est présentée à la Fig. 19. Une explantation a été nécessaire chez 37 patients (3,3 %). Les causes étaient une endocardite chez 7 patients (22,6%), une fuite périvalvulaire chez 10 (32,3%), une fuite périvalvulaire avec endocardite chez 4 (12,9%), une augmentation de la taille chez 1 (3,2%), une croissance interne du pannus chez 2 (6.5%), une sténose due à une intrusion de tissu sous-valvulaire (probablement due à une erreur technique) chez 1 (3,2%) et une thrombose chez 6 (19,4%). Une défaillance valvulaire nécessitant une réopération est parfois observée chez les patients chez lesquels il y a un impact après une résection partielle ou complète du tissu valvulaire natif. Cela peut être un problème important lorsque vous essayez de préserver une grande partie de l’appareil mitral. Figue. 20 montre le piégeage de la plaquette par une partie du tissu chordal retenu dans une valve médicale de St. Jude; Aagaard a publié un article récent décrivant comment il imbrique l’ensemble des folioles antérieure et postérieure avec des sutures supraannulaires sous gage pour éliminer ce problème. Notre méthode de suture a consisté à diviser la foliole antérieure et à la replier latéralement pour maintenir les cordes marginales et le support des folioles antérieure et postérieure. Quelle que soit la méthode utilisée, aucun des éléments laissés dans le cœur ne devrait pouvoir traverser, empiéter ou provoquer un dysfonctionnement des folioles valvulaires prothétiques. Ce problème peut être reconnu avec l’échocardiographie transoesophagienne peropératoire, et s’il se produit, ce qui est rare, il peut être réparé en même temps. Le chirurgien ne souhaite pas que ce problème soit reconnu tardivement et exige que le patient soit réopéré de manière aiguë soit après son transfert à l’unité de soins intensifs, soit après sa sortie de l’hôpital.

Fig. 19

Pourcentage d’absence de réopération.

Fig. 19

Pourcentage d’absence de réopération.

Fig. 20

Extrusion d’une partie du tissu chordal réséqué dans une valve médicale de St. Jude.

Fig. 20

Extrusion d’une partie du tissu chordal réséqué dans une valve médicale de St. Jude.

Le VHC était exempt de toute incidence de thrombose dans toutes les valves à 98,9 % à 5 ans (Fig. 21). Pour résumer le problème particulièrement critique de la thrombose, l’expérience de 10 ans avec 1128 patients ayant subi un remplacement de la valve aortique ou mitrale par le CPHV a présenté des incidents de thrombose – une valve aortique et dix valves mitrales. Ceux-ci sont survenus de 10 jours à 6 ans après l’opération chez dix femmes et un homme, dont six n’avaient pas été correctement anticoagulés en raison d’une non-observance ou de taux d’anticoagulation sous-thérapeutique jusqu’à 2400 jours-patients. Trois patients ayant présenté une thrombose étaient à des niveaux d’anticoagulation thérapeutique et, chez deux patients, l’état de l’anticoagulation était inconnu.

Fig. 21

Pourcentage d’absence de thrombose.

Fig. 21

Pourcentage d’absence de thrombose.

Il y a eu beaucoup de discussions aux États-Unis sur la susceptibilité de cette valve à la thrombose. Cependant, il n’existe aucune donnée indiquant qu’il existe un problème inhérent à l’examen de tous les rapports. L’incidence de la thromboembolie était plus élevée, en particulier lors du remplacement de la double valve (Fig. 22). Cela était probablement lié à l’incidence de la fibrillation auriculaire chez les patients atteints d’une maladie de longue date et plus grave. Cependant, l’absence de 90% d’incidents thromboemboliques importants pour tous les CPHV jusqu’à 8 ans est excellente. Des niveaux d’anticoagulation adéquats restent un problème majeur aux États-Unis; soit les patients ne prennent pas le médicament comme indiqué, soit les médecins ne le prescrivent pas correctement ou ne suivent pas les patients avec suffisamment de soin. Les données sur l’anticoagulation n’étaient pas disponibles chez 21 patients (32 %) ayant présenté une thrombose ou une thromboembolie. Une thrombose ou une thromboembolie est survenue chez 6 patients (9,4%) chez lesquels l’anticoagulation n’avait même pas été commencée. Une mauvaise observance des patients ou une interruption de l’anticoagulation étaient présentes chez 7 patients (10,9%) et des niveaux sous-thérapeutiques ont été documentés chez 18 patients (28,1%). Les taux d’anticoagulation ont été thérapeutiques chez seulement 12 patients (18,8%) chez lesquels une thrombose ou une thromboembolie est survenue. Par conséquent, près de la moitié des patients ayant présenté une thrombose ou une thromboembolie étaient insuffisamment anticoagulés. Tableau 2Le tableau 3 compare les taux linéarisés de thrombose et de thromboembolie du CPHV, les données de Grunkemeier et la valve médicale de St. Jude. Si les patients sont efficacement anticoagulés et pris en charge de manière appropriée par leur médecin et respectent le schéma thérapeutique détaillé, le CPHV fonctionne bien et les patients ne présentent pas de complications liées à la thrombose à des niveaux différents de ceux des valves prothétiques mécaniques concurrentes.

Fig. 22

Pourcentage d’absence de thromboembolie.

Fig. 22

Pourcentage d’absence de thromboembolie.

Tableau 2

Comparaison du taux de thrombose linéarisée (pourcentage par année de patient)

Tableau 2

Comparaison du taux de thrombose linéarisée (pourcentage par année de patient)

Tableau 3

Comparaison du taux de thromboembolie linéarisée (pourcentage par année de patient)

Tableau 3

Comparaison du taux de thromboembolie linéarisée (pourcentage par année de patient)

4 Résumé

Ces données démontrent que la Le CPHV a une excellente durabilité dans les positions aortique et mitrale. Il n’a pas été altéré par les avantages de sa rotabilité, faisant ainsi de cette vanne la vanne de choix pour la dernière décennie (Fig. 23). L’étude de 10 ans a montré d’excellents résultats: 4,5 années de suivi moyen, avec des taux de morbidité et de mortalité très faibles et aucune incidence de défaillance structurelle. Le CPHV est une valve sûre éprouvée qui, dans l’étude, a été tournée in situ chez plus de 20% des patients. Avec un record mondial d’implantation de 220 000 valves dans de nombreux pays, ces données indiquent qu’il s’agit d’une très bonne valve cardiaque prothétique avec d’excellents résultats à 10 ans de postimplantation.

Fig. 23

La vanne de choix pour la dernière décennie.

Fig. 23

La vanne de choix pour la dernière décennie.

Conférence discussion

Audience: Qu’en est-il de l’hémolyse après implantation valvulaire?

Dr J. Craver : Il n’y a pratiquement aucune incidence d’hémolyse significative avec la valve du VHC.

Audience: Y a-t-il une augmentation de la thrombose valvulaire lorsque la valve mécanique est en position tricuspide?

Dr J. Craver: Je pense que oui. Très peu de valves tricuspides sont implantées, et nous gardons nos patients à l’hôpital après le remplacement de la valvule tricuspide jusqu’à ce que les niveaux d’anticoagulation soient clairement dans la plage. Je pense que nous avons eu la chance jusqu’à présent de n’avoir eu aucun problème. Je pense qu’il y aurait une incidence plus élevée de thrombose valvulaire prothétique après le remplacement de la valve tricuspide en raison d’un écoulement lent du côté veineux du cœur.

Dr M. Guida (Valencia, Venezuela): Quelle a été votre expérience en position aortique sans anticoagulation?

Dr J. Craver: Nous n’avons pas eu de valves mécaniques chez les adultes que nous n’avons pas anticoagulées. Il y a eu quelques enfants qui ont été pris en charge avec de l’aspirine seule, mais je devrais reporter cela à quelqu’un ayant une expérience plus large. Si vous n’anticoagulez pas ces valves et qu’elles ne coagulent pas, vous avez tout simplement de la chance. Les nôtres seraient tous anticoagulés avec de la warfarine si possible, et avec de l’héparine sous-cutanée sinon.

Dr M. Benedetti (Pise, Italie): Voulez-vous anticoaguler un patient qui a subi une hémorragie cérébrale?

Dr J. Craver: Un anévrisme dans le passé ou actuellement?

Dr M. Bendetti: Celui qui a connu une hémorragie cérébrale pendant un traitement anticoagulant.

Dr J. Craver : Comme complication ?

Dr M. Bendetti: Oui, comme complication.

Dr J. Craver : Cela dépendrait de l’état du taux d’anticoagulation à l’époque. S’il présentait une hémorragie intracérébrale à un niveau thérapeutique avec une valve aortique, je la laisserais probablement tomber à un niveau inférieur et l’anticoagulerais avec de l’aspirine ainsi qu’une dose plus faible de warfarine. S’il était à un niveau anormalement élevé, je le ramènerais à un niveau plus habituel et je le réanticoagulerais une fois la complication hémorragique éliminée.

Dr G. Tolis (Athènes, Grèce): Comment orienteriez-vous les valves dans les positions aortique et mitrale?

Dr J. Craver: Nous préférons orienter les valves mitrales en position antianatomique, où les deux folioles sont soumises à la même pression d’ouverture. Si vous les orientez dans une position anatomique, la foliole postérieure peut s’ouvrir mais la foliole antérieure peut ne pas s’ouvrir complètement, ce qui augmente l’incidence de thrombose due à la stagnation autour de la foliole antérieure. En position aortique, avec une valve biléaflet, cela n’a pas vraiment d’importance. Vous devez l’orienter de manière à ce que le mouvement du dépliant de la valve soit exempt de toute impédance.

Dr H.H. Kure (Aarhus, Danemark): Que feriez-vous avec une valve thrombosée? Essayeriez-vous d’éliminer la thrombose de la valve ou remplaceriez-vous immédiatement la valve?

Dr J. Craver: Les chirurgiens qui ont la chance d’opérer des patients encore en vie avec une valve thrombosée devraient probablement remplacer la valve. La probabilité de pouvoir dégager la valve dans sa position actuelle, ce qui a conduit à une thrombose, et de tout éliminer complètement est risquée. Nous préconiserions de retirer la valve et de recommencer, et probablement d’être plus prudent avec le protocole d’anticoagulation.

Audience: Êtes-vous d’accord que la formation de pannus n’est pas liée au type de valve? Je pense que c’est une technique chirurgicale ou autre chose.

Dr J. Craver: Je pense que vous avez raison. Pannus est plus un problème avec une défaillance tardive de la valve, où pannus a eu le temps de se développer. Nous avons tous opéré des patients 20 ans après le remplacement de la valve et avons vu un pannus enveloppant virtuellement la valve. Je suis un peu préoccupé par la valve « chapeau haut de forme » en ce qui concerne pannus car elle est assise au-dessus de l’anneau. Mais jusqu’à présent, sur les échocardiogrammes de suivi annuel, nous n’avons observé aucun empiétement ou réduction du diamètre de la voie de sortie, suggérant l’absence de pannus à ce stade. J’espère donc que la vitesse d’écoulement en position aortique empêchera pannus d’être un problème avec la valve « chapeau haut de forme ». En position mitrale, où la valve se trouve solidement dans l’anneau, tirer le tissu en arrière en préservant les folioles éloignerait le potentiel du pannus.

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Présenté au Sixième Symposium Clinique International de Sulzer Carbomedics, Copenhague, Danemark, 27 septembre 1997.

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